L’amour de soi :

Cela peut paraître un concept étranger pour un grand nombre de personnes. ça fait même un peu égocentrique, voire prétentieux. C’est d’ailleurs pour cela que beaucoup d’entre nous ont un problème avec leur image et leur confiance en eux. Pourtant, l’amour de soi, n’est ni de l’égoïsme, ni du nombrilisme, ni de la prétention, mais l’indispensable condition pour améliorer l’estime de soi. Et améliorer la qualité de l’amour que nous portons aux autres. Car nous faisons beaucoup pour soigner l’amour que nous portons aux autres. Mais s’aimer soi-même, quand le faisons-nous ?

L’amour pour soi-même est un mélange d’acceptation de soi, de conscience de soi, de gentillesse et de respect envers soi-même. L’amour pour soi-même est à la fois conceptuel, (vous méritez de vous respecter et d’être doux avec vous-même) et une action, (choisir de vous traiter avec compassion et réconfort). S’aimer soi-même c’est prendre soin de soi comme un parent aimant prend soin de son enfant. Avec bienveillance.

Concrètement, s’aimer c’est :

Refuser de dépendre uniquement de l’amour des autres

Lorsque nous n’avons pas appris à nous aimer de manière inconditionnelle, nous recherchons cet amour à l’extérieur de nous-même, c’est à dire, chez les personnes qui nous entourent. La valeur que nous nous donnons ne dépendra donc que de la manière dont les autres nous perçoivent et nous valorisent. Or, s’aimer ne souffre aucune condition. Chacun de nous est digne d’amour et de respect malgré nos défauts, nos limites, nos échecs. Les ennuis commencent quand le besoin d’être aimé est plus fort que le besoin d’être respecté. Combien de temps encore allons-nous ignorer ce que nous ressentons, pour plaire à quelqu’un d’autre ? Combien de temps encore allons-nous vivre sans respecter qui nous sommes vraiment ? Sortir du moule dans lequel nous vivons pour oser être soi-même, vraiment soi.

Arrêter d’être l’éternelle victime

Ne pas se déresponsabiliser en se considérant comme une victime. Nous sommes responsables à 100% de la vie que nous avons. Tant que nous pensons que ce qui nous arrive, « c’est la faute des autres », nous n’arriverons pas à maîtriser le cours de notre existence. De la même manière, tant que nous pensons « c’est de ma faute », nous deviendrons notre propre victime. Il est inutile de se lamenter sur un comportement et de se sous-estimer. La vie est un parcours initiatique et le chemin est parfois semé d’épreuves et d’embûches qui nous avons à surmonter. Et c’est là que se construit la confiance et l’amour de soi. En reprenant notre responsabilité nous reprenons nos vies en main et pouvons passer de la souffrance au pouvoir.

Etre à l’écoute de ses besoins et de ses valeurs

En commençant par les identifier. C’est un travail indispensable pour apprendre à s’aimer. Respecter ses besoins et les mettre en arrosage automatique, tout en respectant l’autre. Et de se poser les bonnes questions: « Ai-je vraiment envie d’aller à cette soirée ? De quoi ai-je besoin pour me sentir bien, là, maintenant ? » Il est ensuite important de savoir formuler ses demandes clairement, sans attendre que l’autre les devine. Connaître ses valeurs c’est ce connaître soi-même. Cela permet de vivre en intégrité et en accord avec ce que l’on est. Nos valeurs sont nos références et nos guides. Et quand nos actions nourrissent et respectent nos valeurs, nous sommes pleinement nous-mêmes. Et c’est bon.

Identifier à quoi je dis OUI et à quoi je dis NON

C’est choisir ce qui est bon pour soi et donc, arrêter de subir ce qui est nuisible. C’est se respecter et savoir poser ses limites. Donner de soi, de sa personne, sans dépasser ses limites c’est donner d’une façon telle qu’il en résultera de la joie et de la légèreté pour le donneur comme pour le receveur. Donner doit nous remplir d’énergie pas nous vider de l’énergie. Si c’est le cas, nous avons dépassé nos limites et pas écouté nos besoins. Un « Oui » donné à contre-coeur génère des frustrations et engendre des actions, souvent bâclées, qui sape un peu plus l’amour de soi. Alors qu’un « Non » donné en respectant qui je suis est un « Oui » donné à soi-même.

Accepter les parties mal aimées de nous-même

Faire taire son juge intérieur car s’aimer ne souffre aucune condition. Chacun d’entre nous est digne d’amour et de respect malgré nos défauts, nos limites, nos échecs. Cet amour inconditionnel ne dépend pas de nos performances. Il implique que nous puissions résister à l’adversité et nous reconstruire après un échec. Plus je me plante et plus je pousse ! Nos échecs sont constructifs. Ne pas les nier mais s’en servir en se posant cette question : qu’est ce que j’ai appris ?

En conclusion :

L’amour de soi est une composante essentielle de l’estime de soi. Il dépend beaucoup de l’amour que notre famille nous a prodigué quand nous étions enfants et des nourritures affectives que nous avons reçu. Il ne s’agit pas de faire du ressentiment envers nos parents et nos éducateurs, qui ont, eux aussi, fait de leur mieux, dans la plupart des cas.

Il s’agit de nous, maintenant, aujourd’hui : qu’est ce que je fais de ce que l’on a fait de moi ? Qu’est ce que je veux pour moi ?

S’aimer, ça s’apprend. Il est tant de s’aimer !

Nathalie Lesguillier, coach développement personnel, à Rouen